Le soleil donne aussi bien le moral que bonne mine, mais est-il vraiment notre meilleur allié ? Beaucoup de mythes persistent encore autour des UV et de la protection solaire : je démêle le vrai du faux pour que vous sachiez comment profiter du soleil sans mettre votre peau en danger.
“Oh, que tu as bonne mine, tu as pris des couleurs ! Tu es ma-gni-fi-que !” C’est une phrase qu’on entend souvent. La peau dorée est automatiquement perçue de façon positive, elle est synonyme de beauté et de bonne santé. Depuis des décennies, le bronzage bénéficie d’une image très flatteuse. Et ce phénomène se poursuit, voire s’amplifie, sur les réseaux sociaux où les tendances comme les tan lines, burn lines ou encore sun tattoos se multiplient. Cette esthétique est tellement glamourisée, et les comportements à risque tellement banalisés, qu’on finirait presque par oublier ce que cela représente réellement : une agression de la peau !
Cette glorification du bronzage vient aussi avec son lot de désinformation. Récemment, au Royaume-Uni, certains instituts de bronzage n’ont pas hésité à affirmer sur les réseaux sociaux que les UV pouvaient prévenir les rhumes, stimuler la thyroïde ou encore favoriser la perte de poids. Si cela paraît très étonnant, je ne suis pourtant pas surprise. Moi aussi, adolescente, j’ai cru à certaines de ces promesses. Une dermatologue m’avait assuré que quelques séances d’UV pourraient faire disparaître mon acné. Convaincue, j’ai couru dans une cabine de bronzage avec l’espoir de retrouver une peau nette. Et comme vous vous en doutez, mon acné n’a évidemment pas disparu. Avec le recul, je réalise surtout à quel point certaines informations peuvent être présentées de manière séduisante pour nous pousser à consommer, parfois au détriment de notre santé et de notre bien-être.
Car derrière l’image glamour du bronzage se cache une réalité beaucoup moins séduisante. Le cancer de la peau est aujourd’hui l’un des cancers les plus fréquents dans de nombreux pays. Cette réalité m’est d’ailleurs particulièrement proche. Mon beau-père a développé un cancer de la peau qui a commencé par ce qui semblait être un simple grain de beauté. Cela nous rappelle que les dommages causés par le soleil ne sont pas toujours visibles immédiatement. La protection solaire ne devrait jamais être considérée comme une option, mais comme un réflexe à adopter dès le plus jeune âge.
Alors, le soleil est-il vraiment cet allié beauté que l’on nous vend depuis des années ? Le bronzage est-il aussi inoffensif qu’on le pense ? Beaucoup de croyances persistent, j’ai donc eu envie de passer les plus répandues au crible pour démêler, ensemble, le vrai du faux.
Les coups de soleil, ce n’est pas si grave !

C’est faux ! Dans la liste des phrases que l’on entend souvent, on peut également citer : « C’est pas grave, ce n’est qu’un petit coup de soleil, demain ça sera bronzé”. Pourtant, cette rougeur est loin d’être anodine. Un coup de soleil signifie que les cellules cutanées ont été endommagées par les rayons UV. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les conséquences ne s’arrêtent pas lorsque la rougeur disparaît. Les dommages causés par le soleil s’accumulent au fil des années, parfois de manière invisible. Une étude du National Institutes of Health a ainsi montré que cinq coups de soleil sévères entre 15 et 20 ans augmenteraient le risque de mélanome de près de 80 %, ainsi que le risque d’autres cancers cutanés. Car la peau se souvient de chaque exposition excessive, même lorsque nous l’avons oubliée.
C’est d’ailleurs pendant l’enfance et l’adolescence que la peau est particulièrement vulnérable. Les coups de soleil survenus à cette période peuvent augmenter le risque de développer un mélanome plusieurs décennies plus tard. Voilà pourquoi la protection solaire est essentielle dès le plus jeune âge, et pas uniquement en vacances à la plage. De même, elle doit aussi être associée à des vêtements couvrants lorsque l’exposition est importante. Sans oublier qu’il est préférable de ne pas s’exposer aux heures où les UV sont les plus intenses. Et ce, même si vous avez l’impression de « bronzer facilement ». Car le bronzage n’est pas une « guérison » mais bien un mécanisme de défense de la peau lorsqu’elle subit une agression. En produisant davantage de mélanine, elle tente de se protéger de ces dommages.
Et si vous ne « brûlez jamais », ne pensez pas que votre peau ne craint rien. Les rayons UV peuvent provoquer des dommages cellulaires même en l’absence de coup de soleil visible.
Enfin, il faut savoir que les UV artificiels ne sont pas plus sûrs que les UV naturels. Les cabines de bronzage ont aussi été associées à une augmentation du risque de mélanome, notamment chez les jeunes femmes. Même chose pour les lampes utilisées pour les manucures semi-permanentes. Entre les formules de vernis qui contiennent parfois des ingrédients controversés et l’exposition répétée aux UV, cette pratique n’est pas forcément anodine pour notre santé à long terme.
La crème solaire est cancérigène !

C’est encore faux ! Les crèmes solaires sont parfois controversées, on leur reproche d’être toxiques, perturbatrices endocriniennes, voire même cancérigènes. Sur les réseaux sociaux, certains affirment qu’il serait plus dangereux de porter de la crème solaire que de s’exposer au soleil. De quoi semer le doute !
Tout d’abord, il faut savoir que certaines crèmes solaires utilisent des filtres organiques, aussi appelés filtres chimiques, tandis que d’autres sont formulées avec des filtres minéraux. Une partie de la controverse vient du fait que certaines études ont montré que certains filtres organiques pouvaient être absorbés par la peau. Mais attention, “absorbé » ne signifie pas automatiquement “toxique ». C’est néanmoins un raccourci qui a souvent été fait sur les réseaux sociaux, alimentant de nombreuses inquiétudes. Pourtant, les filtres UV actuellement autorisés sont considérés comme sûrs pour l’usage humain et leur rôle dans la prévention des cancers cutanés est largement documenté par la recherche scientifique. Le véritable danger, lui, ne fait aucun doute : ce sont les rayons UV. Leur caractère cancérigène est parfaitement établi. En voulant éviter une crème solaire par peur de ses ingrédients, on risque donc paradoxalement de s’exposer à un risque bien plus important, celui de ne pas se protéger du tout.
Dans le doute, l’idéal serait de choisir des filtres minéraux qui protègent efficacement contre les UVA et les UVB. Contrairement aux filtres organiques, ils restent à la surface de la peau et agissent comme un bouclier qui réfléchit les rayons UV. En d’autres termes, la question n’est pas de savoir s’il faut porter une protection solaire, mais plutôt de choisir celle qui vous convient et que vous aurez plaisir à appliquer quotidiennement.
Le soleil est notre meilleur ami, même pour la peau !

Vrai… et faux ! A ce stade de l’article, vous êtes peut-être en train de vous dire que le soleil est devenu l’ennemi numéro un de notre peau. Pourtant, ce n’est pas aussi simple. Le soleil joue un rôle essentiel dans notre bien-être. Il favorise la production de sérotonine, l’hormone du bonheur, participe à la synthèse de la vitamine D et aide à réguler notre horloge biologique. C’est pourquoi nous avons plus le sourire lorsque les beaux jours reviennent !
Là où les choses se compliquent, c’est lorsque l’on confond les bienfaits du soleil avec ceux du bronzage. Comme nous l’avons évoqué précédemment, le bronzage est avant tout un mécanisme de défense. Lorsque la peau est exposée aux UV, elle produit davantage de mélanine pour tenter de se protéger des dommages causés par ces rayonnements.
Mais alors faut-il pour autant fuir le soleil ? Rassurez-vous, l’objectif n’est pas de vivre caché à l’ombre ! L’idée est d’apprendre à profiter de ses bienfaits sans en subir les conséquences. Le soleil peut être un allié pour notre bien-être à condition de l’apprécier avec modération, et surtout sans oublier de protéger sa peau.
Il y a des nuages, donc je ne risque rien ?

Faux ! Et pourtant, qui ne se laisserait pas avoir par un ciel tout gris ? On pense que les nuages nous protègent mais, en réalité, les UV ne disparaissent pas sous la grisaille. Il est vrai que les nuages filtrent une partie des rayons, mais jusqu’à 80 % des UV peuvent tout de même les traverser ! On associe aussi souvent les UV à la chaleur et pourtant, ils n’ont rien à voir. Ce n’est pas parce que vous ne ressentez pas la chaleur du soleil que votre peau n’est pas exposée. On peut tout à fait attraper un coup de soleil lors d’une journée fraîche, venteuse ou nuageuse !
Et ce n’est pas tout ! Être à l’ombre ne signifie pas non plus être totalement protégé. Les rayons UV peuvent se réfléchir sur de nombreuses surfaces comme le sable, l’eau ou même la neige. Même derrière une fenêtre, l’exposition n’est pas totalement nulle : les UVA, responsables notamment du vieillissement cutané, peuvent traverser le verre. Cela est vrai en été et en hiver ! Les UV sont présents tout au long de l’année. Et habiter dans une région peu ensoleillée ne met pas non plus votre peau à l’abri. Même lorsque le soleil se fait discret, les UV continuent d’être présents et d’agir sur la peau. Les véritables indicateurs à surveiller sont l’indice UV et la durée d’exposition, mais pas la température extérieure ou la couleur du ciel. C’est pourquoi il est conseillé d’appliquer de la crème solaire toute l’année !
Je suis bronzée, mate ou foncée de peau, je n’ai pas besoin de crème solaire !

C’est faux ! Les peaux mates et foncées contiennent davantage de mélanine, elles bénéficient alors d’une protection naturelle partielle contre les rayons UV. Elles ont souvent tendance à brûler moins rapidement que les peaux très claires. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont protégées contre les effets du soleil !
Les UV provoquent des dommages au niveau cellulaire, quelle que soit la couleur de peau. Vieillissement cutané, taches pigmentaires, hyperpigmentation ou encore cancers de la peau peuvent également toucher les peaux mates et foncées. Elles ne sont donc pas immunisées ! D’ailleurs, lorsque des cancers cutanés surviennent sur des peaux foncées, ils sont parfois diagnostiqués plus tardivement, notamment parce que le risque reste encore trop souvent sous-estimé.
Et qu’en est-il des peaux déjà bronzées ? Là encore, beaucoup pensent être à l’abri une fois que leur teint a doré. Mais vous l’aurez compris, le bronzage n’est pas un bouclier contre les UV. En produisant davantage de mélanine, la peau tente bel et bien de limiter les dégâts, mais cela ne l’empêche pas de continuer à subir des dommages liés au soleil.
Si nous ne sommes pas tous égaux face au soleil, aucune carnation n’est vraiment protégée. Alors peu importe la couleur de peau, il est important d’avoir les bons réflexes !
Finalement, il ne s’agit pas de craindre le soleil mais d’éviter les excès et ne pas se laisser piéger par la désinformation qui l’entoure. De quoi profiter de ses bienfaits sans compromettre la santé de sa peau ! Si vous souhaitez aller plus loin, découvrez notre guide pour apprendre à choisir votre crème solaire et le SPF qui vous convient. Et pour prendre soin de votre peau dans sa globalité, retrouvez également nos programmes en ligne !








